La généalogie bruisse en ce moment de ce droit à l'oubli que l'Europe s'invente.

Etrangement ou évidemment c'est pour le droit à la mémoire que je fais de la généalogie.

Je me suis souvent demandé si cela faisait quelquechose à ceux que je retouvais dans un registre de sortir leur nom de l'oubli ? Probablement rien à part une belle jambe... dans l'écriture de leur prénom ou de leur nom. Moi, sans avoir réfléchi au pourquoi, j'y vois un hommage, une marque de respect.

Ils ont laissé une trace, (immortelle ? La question est trop vaste) un souvenir que j'aime retrouver dans les vieux papiers (surtout) et dans leurs sauvegardes numériques (plus accessibles, moins chers et disponibles la nuit). Je sais que certains d'entre eux étaient peu recommandables, mais je ne sais pas lesquels et c'est une forme de tendresse que j'éprouve en me penchant sur les documents qui me les découvrent.

Est-ce un petit retour à la vie, une envie de laisser moi même une trace, le sentiment que je fais partie de la même chaîne qui se succède depuis eux jusqu'à moi et mes enfants ?

C'est surtout une curiosité, un désir de savoir ce qui était avant : les gens, les métiers, les lieux, les coutumes, les langues ou patois.

Je pense qu'ils ont un droit à la mémoire parce qu'ils sont la mienne. De leurs histoires découlent la nôtre. Ce que nous savons d'eux expliquent qui nous sommes aujourd'hui.

 Gabriel Dante Rosetti, Mnemosyne

Alors aujourd'hui je remercie  Mnémosyne la mère des muses et déesse de la mémoire de nous laisser un droit à l'oubli de notre vivant et au souvenir quand nous ne sommes plus que cela.