12 novembre 2016

Alfred Joseph Marie Biguet, Mort pour la France

 

Alfred Joseph Marie naît le 11 avril 1893 à Coisnauté dans la commune de Fégréac. Il est le fils de Pierre Marie Biguet et de Marie-Françoise Chaussée et le deuxième enfant de six, dont une seule fille.

Alfred a les cheveux bruns, les yeux gris, le front large et fuyant, un nez rectiligne dans un visage long, il mesure 1m62 et sa fiche matricule indique 2 en degré d'instruction.

Son aîné Pierre Marie est décédé dès novembre 1914 d'une maladie contractée aux armées dans un hôpital d'Anger.

Le 28 novembre 1915 il est incorporé au 2ème Régiment d'Infanterie Coloniale.

Lors des combats il est blessé et atteint d'une plaie par éclat d'obus de la région post trochantérienne* gauche.

Le 26 février 1916 il est à bord du paquebot transformé en croiseur le Provence II en direction de Salonique, probablement pour aller vers le front des Dardanelles, quand le croiseur est torpillé. Il est porté disparu en mer.

In mémoriam...

Plutôt que de réécrire ce qui est bien fait ailleurs, voici quelques liens vers des récits du naufrage de la Provence II :

https://cgma.wordpress.com/2014/01/06/provence-ii/
http://souquieres.unblog.fr/2009/03/page/2/
http://www.histoire-genealogie.com/spip.php?article1985

http://envelopmer.blogspot.fr/2015/04/torpillage-du-croiseur-auxiliaire.html

http://memorialmoissac.blogspot.fr/2015/06/challengeaz-n-comme-naufrage.html

Sur ce site apparaît une copie du jugement qui constate le décès des sept cent soixante douze soldats qui ont péri dans le naufrage en plus de centre neuf marins...


Extrait du Jugement, audience publique du 2 octobre 1917 

"Attendu que le vingt six février mil neuf cent seize le croiseur auxiliaire Provence II qui allait de Toulon à Salonique a été torpillé par trente six degrés de latitude Nord et par vingt cinq degrés quinze de longitude est de Greenwich, qu'il a coulé en quelques minutes et qu'une partie seulement de l'équipage et des troupes embarquées comme passagers a pu se réfugier dans les canots, ainsi que sur les radeaux où ils furent recueillis le lendemain par les bâtiments de la division des patrouilles. Attendu que les circonstance de la catastrophe l'éloignement de la côte et le fait que les patrouilleurs ont croisés sur les lieux du sinistre longtemps après, ne laissent aucun doute sur la réalité de la mort des disparus, dont il appartient au tribunal de constater judiciairement les décès, le port d'arment de la Provence II étant Cherbourg. Que par jugement du vingt sept février mil neuf cent dix sept le tribunal a constaté les décès de cent trente neuf membres de l'équipage disparus dans le naufrage, que par autre jugement du vingt trois août mil neuf cent dix sept le tribunal a également constaté les décès de sept cent soixante douze miliaires embarqués comme passagers du croiseur..."

 

SOURCES
d'après dictionnaire.sensagent.leparisien.fr
*trochantérienne : qui se rapporte au grand Trochanter
Le trochanter étant une des deux apophyses (partie protubérante d'un os ) de l'extrémité supérieure du fémur
Définition du mot Grand trochanter :(doctissimo.fr)
 La partie supérieure du fémur présente deux protubérances qui sont des sites où s'attachent des muscles et des ligaments. La grande protubérance est appelée le grand trochanter, et est orientée vers le haut. La plus petite, ou petit trochanter se situe juste au niveau du col du fémur, et est orientée perpendiculairement au corps du fémur.

MAJ 13 novembre 2016

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14 octobre 2013

La maman du vétéran lui disait non

Un acte notarié peut apporter de nombreux renseignements, répondre à certaines questions et en soulever d'autres.

Dans ma recherche sur les Pfeiffer, je cherchais aux archives de Paris des actes notariés pouvant m'apporter plus d'éléments sur Michel Pfeiffer et particulièrement s'il avait laissé un testament ou si sa succession avait été passée devant notaire.

Je n'ai rien trouvé encore, par contre j'ai déniché une réquisition d'acte respectueux, ci-dessous retranscrite, faite par Alfred Louis Pfeiffer, le frère de Louis Stanislas, à sa mère veuve de Michel.

On peut être vétéran des campagnes de Crimée et d'Italie du second Empire, avoir trente ans passés et devoir demander son conseil et son consentement à sa mère pour se marier.

Alfred Louis vient juste d'avoir trente ans, peut être a-t'il attendu un peu parce qu'avant cet âge, il aurait du faire trois fois la réquisition d'acte respectueux pour passer outre ... Quoique sa mère a donné son consentement selon l'acte de mariage. Puisqu'il a bien convolé avec sa dulcinée le 28 février 1865. 

L'acte de consentement était un brevet c'est à dire qu'il n'a été rédigé que sur une feuille libre remise à Alfred Louis et non recopié, dans les minutes comme la réquisition. Pourquoi Marie Jeanne Anne Bertrand ne voulait elle pas que son fils convolât avec la demoisellle Schmutz ?  Pourquoi a-t-elle changé d'avis parce qu'elle ne pouvait plus l'empêcher? A moins qu'ils ne se parlassent plus.

Dans le document ci-dessous Alfred Louis est dit médaillé d'Italie et de Crimée c'est à dire qu'il a participé à ses deux campagnes sous Napoléon III. Il me faudra donc un jour trouvé du temps pour aller fouiller au service historique de la défense et voir si un dossier a été conservé. 

1865

12 Janvier

Réquisition et acte respectueux

Par M Pfeiffer

 

Me AUGUSTE JOZON Notaire, Boulevard St-Martin , 67

Par devant nous Me Auguste Jozon,

et son collègue notaires à Paris soussignés.

A comparu,

Mr Alfred Louis François Pfeiffer, monteur

en bronzes, médaillé de Crimée et d’Italie, demeurant

à Paris rue du Faubourg St Martin n°70

                        Majeur de plus de trente ans, étant né

                        à Paris sur le x huitième arrondissement, le

vingt-deux décembre mil-huit cent trente-

quatre, ainsi qu’il le déclare,

            Fils de M. Michel Pfeiffer, en

son vivant poëlier et de Mme Marie Jeanne

Anne Bertrand, son épouse, restée sa

veuve, demeurant à Paris (Charonne) rue

de Madame n°97.

Lequel a par ces présentes requis le dit

Me Jozon de se transporter au domicile susindiqué

de sa mère à l’effet de lui demander respectueusement

et formellement son conseil et son

consentement sur le mariage qu’il se propose

de contracter avec Melle Marie Caroline

Schmutz employée chez Mr Schneider,

demeurant à Paris, boulevard St Martin n°14.

                        Et de lui déclarer formellement qu’à

défaut de consentement aud. mariage, sur le

dit acte respectueux et un mois après le dit acte,

il sera passé outre à la célébration dudit

mariage, conformément aux dispositions de l’article

x à Paris           152 du Code Napoléon.

                        Dont Acte,

            fait et passé x en l’étude dudit Me Jozon

            L’an mil-huit cent soixante cinq le douze

janvier

            En présence de Mr Théodore Etienne

Schneider, propriétaire, demeurant à Paris

boulevard St Martin n°14 et de Mr André

Bernard Porrez, marchand de vins, demeurant

à Paris rue de Bondy, n°36,

            Témoins qui ont déclaré être majeurs et

citoyens français et ont attesté aux notaires soussignés

l’individualité et la capacité civile du comparant

            Et a le comparant signé

Avec les témoins et les

notaires après lecture faite