14 mars 2018

Paul Mouraby, appelé Frédéric, Mort pour la France

Paul Mouraby vint au monde le vendredi 14 avril 1882 à Montaigu-de-Quercy, commune du Tarn et Garonne, dans le hameau de Sainte-Cécile. Il est alors le sixième enfant de Raymond et Françoise Houilleres, ses père et mère âgés de quarante-cinq ans et trente-huit ans.

Il rejoignit dans cette famille de cultivateurs :

  • Pierre, né le dimanche 12 août 1866, l'aîné, accessoirement mon sosa,
  • Paul, né un dimanche aussi, le 21 juin 1868, le cadet qui portait déjà ce même prénom, ce qui expliquerait pourquoi dans certains recensements Paul junior était appelé Frédéric,
  • Jeanne ou plutôt son souvenir, puisque née le samedi 23 novembre 1872, elle s'était éteinte le dimanche 31 août 1873, neuf mois plus tard,
  • Alexandrine, née le mercredi 14 avril 1875,
  • Emma, née le mardi 5 mars 1878, comme Paul un autre prénom est indiqué pour elle sur les recensements : Adrienne.

Hormis Jeanne tous les aînés de Paul, nés comme lui à Montaigu-de-Quercy se marieront.

Le samedi 18 avril 1885, alors que Paul venait d'avoir trois ans, naquit la petite dernière de Françoise et Raymond : Maria qui décéda deux semaines après.

Paul est de la classe 1902, sa fiche matricule en livre une courte description. Cheveux et sourcils châtains foncés, il avait des yeux gris, le front ordinaire mais un nez moyen, une petite bouche au dessus d'un menton à fossette, dans un visage ovale.

Il effectua son service du 15 septembre 1903 au 18 septembre 1906 au 7e régiment d'infanterie.

Le 28 janvier 1907 il épousa Marie Bergon à Touffailles, autre commune tarn-et-garonnaise.  

Le couple s'établit à Montaigu, en juilelet 1908 y naquit Raymond Joël.

Je ne connais pas d'autre enfant au couple, mais je n'ai pas eu accès à tous les registres.

Le 16 avril 1909 François Houillères s'éteint à Montaigu, le 25 c'est Raymond Joël qui dans la maison de Touffailles de son grand-père maternel Jean Begon quitta ce monde.

Réserviste Paul aura du faire une première période d'exercices  du 29 août au 20 septembre 1909.

En 1910 le couple déménaga à Valeilles, toujour dans le Tarn-et-Garonne.

Vint l'année 1911. Paul effectua une deuxième période d'exercices du 27 avril au 13 mai. Le 6 décembre, à Montaigu, Raymond son père décèda.

 

Paul avait 32 ans lorsque la guerre éclata et il a fait partie des premiers rappelés dès le décret de mobilisation du 1er août 1914.

 

Affecté au 143e régiment d'infanterie, il fut très rapidement sur le front. L'ennemi voulait s'emparer de Verdun, la France voulait l'en empêcher et de nombresues batailles se déroulèrent autour de la place forte.

Notamment la bataille de la Woëvre à laquelle Paul participa probablement, puisqu'il se retrouva le 26 septembre 1914 à Seicheprey, en Meurthe-et-Moselle. Malheureusement pour lui, c'est sur ce terrain qu'un coup de feu mit fin à ses jours, comme le rapportèrent ses deux camarades Jules Julien et Auguste Dupont. Au soir de ce 26 septembre les allemands avaient rétrogradé de position et Paul Mouraby dit Frédéric était mort pour la France, tué à l'ennemi.

In memoriam...

 

Transcription du décès militaire de Mouraby Paul
Par ordre du Ministre de la Guerre, le Chef de service
certifie qu'un procès verbal de déclaration de décès déposé
aux archives de la guerre est conçu ainsi qu'il suit :
 Aujourd'hui vingt sept septembre mil neuf
cent quatorze à Ansanville, devant nous M. Bloch Achille
lieutenant du 143e d'infanterie, remplissant les fonctions d'
officier de l'Etat civil, sont comparus : Dupont Auguste
et Julien Jules, tous deux soldats de 2e classe au 143e régiment
d'infanterie, lesquels nous ont déclaré que Mouraby Paul,
soldat de 2e classe au 143e d'infanterie, numéro maticule
015179. Fils de Raymond et de Houillères Françoise
né le quinze avril mil huit cent quatre vingt deux, à
Montaigu (Tarn-et Garonne) est décédé à Seicheprey, le
vingt six septembre mil neuf cent quatorze, par suite de
coup de feu.
 De tout quoi nous avons dressé le présent procès-verbal
qi a été signé par nous et les témoins, après lecture faite.
Signé : Dupont, signé, Julien,. L'officier de l'état civil : signé :
Bloch _ Vu par nous Vidal, sous intendant militaire,
signé : Vidal
  Mention rectificative (Loi du 30 septembre 1915)
 Le  défunt est né le autorze avril mil huit cent quatre
vingt deux à Montaigu-de-Quercy (Tarn et Garonne) et non
le quinze avril mil huit cent quatre vingt deux à Montaigu
(Haute Garonne) ainsi qu'il est mentioné dans le corps de l'acte
ci-contre d'ailleurs incomplet sur les point suivants :
 Le soldat Mouraby, dont les parents sont décédés
domicilié en dernier lieu à Montaigu-de-Quercy (Tarn-et-Garonne)
était époux de Bergon Marie.
 Paris le onze janvier mil neuf cent dix sept
 Le Ministre de la Guerre, par délégation, le Chef du
bureau des Archives administratives. Signé : Illisible.
 En foi de quoi le présent document a été délivré pour
servir et vaoir ce que de raison.
 Fait à Paris le vingt huit janvier mil neuf cent dix sept
Par delegation, Le Chef du bureau des archives administratives
signé : illisible.
  Transcrit à Montaigu le deux février mil neuf
cent dix sept, deux heures du soir, par nous Louis, Antoine
Abdon, Bru, chevalier de la Legion d'honneur maire de Montaigu.
      Bru

Source ;  archives déârtementales du Tarn-et-Garonne       Montaigu-de-quercy \d\ 1917-1918 / 6 e 117-70  D\1917-1918/6E

 

Sources :

archivesdepartementales.cg82.fr

memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr

chtimiste.com

La Bataille de Woëvre et des Hauts de Meuse

Mi sept – octobre 1914

 

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01 mars 2018

17,18,19 ??? A trop vouloir les coïncidences on oublie de vérifier

Parfois on écrit et parfois on relit plus tard après avoir corrigé des fautes de frappes dans ses textes, et l'on s'aperçoit que le premier écrit avait comme des imperfections, alors on corrige en vert de mer, pour tout laver.

A regarder de plus près les feuilles de nos arbres généalogiques, certaines questions se posent ou certains sourires, parfois un peu jaunes, s’esquissent. Certains y voient les signes du destin, d’autres de simples coïncidences. Si le hasard mène nos vies, il est parfois troublant. En tous cas : signes, coïncidences, hasard, ces événements interrogent et c’est ce qui me plaît dans la généalogie.

En 1914 Jean Baptiste a 61 ans quand éclate la guerre. Avec Marie  Victoire ils ont neuf enfants, toujours vivants :

  • Pierre Marie
  • Joséphine Marie
  • Marie Victoire
  • Jean Baptiste
  • Joseph Marie
  • Alexandre Marie
  • Lucien Pierre Marie
  • Gaston Jean Marie
  • Angèle Marie

Sauf que Joséphine née en 1885, apparaissant sur le recensement de 1886, disparaît des radars au recensement de 1891 alors qu'elle devrait avoir 6 ans, sans qu'aucun acte de décès la concernant ne se trouve dans son village.

Six garçons, trois filles et à part celui qui porte les prénoms de son père, Marie apparaît dans chaque état civil. Les traditions ont du peser dans la balance à choisir les prénoms (oui voilà une question dont la réponse n’est pas assurée).

Jean Baptiste est trop vieux pour partir au front mais pas ses fils. Il verra les six partir sur les champs de bataille.

Cinq survivront à la grande guerre même si Jean Baptiste décédera précocement en 1923 probablement de séquelles de ses années de guerre.

Mais Jean Baptiste père ne le saura jamais.

Il est décédé le 17 décembre 1916… la veille de la mort pour la France de son fils Lucien Pierre Marie.

Le 18 décembre 1916 Lucien est tombé à Vaux,  village détruit par la guerre, au pied de Verdun le dernier jour de cette bataille commencée le 21 février 1916. C’est une réponse, et ces funestes coïncidences soulèvent les questionnements.

Sauf que Lucien est tombé dès le 3 novembre 1916 et que j'avais mal saisi sa date de décès. Sauf qu'un avis officiel a été émis le 25 novembre et que peut-être, cet avis est arrivé aux oreilles de Jean Baptiste avant ce 17 décembre et que peut-être il a su que tous ses fils ne reviendraient pas et que peut-être...

Le 19 décembre 1916 Jean Baptiste aurait eu 64 ans.

In memoriam…

 

Habit du Destin : [estampe]
Habit du Destin : [estampe]
Source: gallica.bnf.fr

Ces constatations ont été faites parce que je cherchais un angle pour participer au thème mensuel pour animer les blogues sur la généalogie proposé par Sophie Boudarel de la Gazette des ancêtres http://lagazettedesancetres.blogspot.fr/2013/05/bloguez-votre-genealogie-un-theme-par.html. Pour novembre 2013, le généathème est la première guerre mondiale.

Billet publié le 20, corrigé le 25 novembre 2013

MAJ en vert le 1er mars 2018.

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12 novembre 2016

Alfred Joseph Marie Biguet, Mort pour la France

 

Alfred Joseph Marie naît le 11 avril 1893 à Coisnauté dans la commune de Fégréac. Il est le fils de Pierre Marie Biguet et de Marie-Françoise Chaussée et le deuxième enfant de six, dont une seule fille.

Alfred a les cheveux bruns, les yeux gris, le front large et fuyant, un nez rectiligne dans un visage long, il mesure 1m62 et sa fiche matricule indique 2 en degré d'instruction.

Son aîné Pierre Marie est décédé dès novembre 1914 d'une maladie contractée aux armées dans un hôpital d'Anger.

Le 28 novembre 1915 il est incorporé au 2ème Régiment d'Infanterie Coloniale.

Lors des combats il est blessé et atteint d'une plaie par éclat d'obus de la région post trochantérienne* gauche.

Le 26 février 1916 il est à bord du paquebot transformé en croiseur le Provence II en direction de Salonique, probablement pour aller vers le front des Dardanelles, quand le croiseur est torpillé. Il est porté disparu en mer.

In mémoriam...

Plutôt que de réécrire ce qui est bien fait ailleurs, voici quelques liens vers des récits du naufrage de la Provence II :

https://cgma.wordpress.com/2014/01/06/provence-ii/
http://souquieres.unblog.fr/2009/03/page/2/
http://www.histoire-genealogie.com/spip.php?article1985

http://envelopmer.blogspot.fr/2015/04/torpillage-du-croiseur-auxiliaire.html

http://memorialmoissac.blogspot.fr/2015/06/challengeaz-n-comme-naufrage.html

Sur ce site apparaît une copie du jugement qui constate le décès des sept cent soixante douze soldats qui ont péri dans le naufrage en plus de centre neuf marins...


Extrait du Jugement, audience publique du 2 octobre 1917 

"Attendu que le vingt six février mil neuf cent seize le croiseur auxiliaire Provence II qui allait de Toulon à Salonique a été torpillé par trente six degrés de latitude Nord et par vingt cinq degrés quinze de longitude est de Greenwich, qu'il a coulé en quelques minutes et qu'une partie seulement de l'équipage et des troupes embarquées comme passagers a pu se réfugier dans les canots, ainsi que sur les radeaux où ils furent recueillis le lendemain par les bâtiments de la division des patrouilles. Attendu que les circonstance de la catastrophe l'éloignement de la côte et le fait que les patrouilleurs ont croisés sur les lieux du sinistre longtemps après, ne laissent aucun doute sur la réalité de la mort des disparus, dont il appartient au tribunal de constater judiciairement les décès, le port d'arment de la Provence II étant Cherbourg. Que par jugement du vingt sept février mil neuf cent dix sept le tribunal a constaté les décès de cent trente neuf membres de l'équipage disparus dans le naufrage, que par autre jugement du vingt trois août mil neuf cent dix sept le tribunal a également constaté les décès de sept cent soixante douze miliaires embarqués comme passagers du croiseur..."

 

SOURCES
d'après dictionnaire.sensagent.leparisien.fr
*trochantérienne : qui se rapporte au grand Trochanter
Le trochanter étant une des deux apophyses (partie protubérante d'un os ) de l'extrémité supérieure du fémur
Définition du mot Grand trochanter :(doctissimo.fr)
 La partie supérieure du fémur présente deux protubérances qui sont des sites où s'attachent des muscles et des ligaments. La grande protubérance est appelée le grand trochanter, et est orientée vers le haut. La plus petite, ou petit trochanter se situe juste au niveau du col du fémur, et est orientée perpendiculairement au corps du fémur.

MAJ 13 novembre 2016

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01 novembre 2014

Pierre Marie Biguet, Mort pour la France

Pierre Marie Biguet porte exactement les mêmes noms et prénoms que son père…

Né le 8 janvier 1892 à Fégréac de Marie Françoise Chaussée, il est cultivateur dans ce département qui s’appelle encore la Loire Inférieure et qui deviendra Atlantique lorsqu’en 1913 il est Inscrit sous le numéro 17 de la liste du canton de Saint Nicolas de Redon.

Classé dans la première partie de la liste avec le 1332  comme numéro de matricule du recrutement il est bon pour le service armé.

Cependant son père étant décédé il reste l’aîné des six enfants du couple ; il est donc classé soutien indispensable de famille le 3 septembre 1913.

Puis j’ai un doute sur la fiche matricule, je lis" incorporé le 10 octobre 1913", mais je pense que c’est à compter du 10 octobre 1914 qu’il quitte son village de Farinet pour intégrer le 64eme Régiment d’Infanterie, basé à Ancenis, comme soldat de deuxième classe, sous le matricule 4564.

Pierre Marie mesure 1m64. Sa chevelure brune couvre un front moyen, ses yeux verdâtres éclairent un visage long au menton fuyant.

Il fait donc partie de la huitième compagnie du 64e régiment d’infanterie où il contracte une maladie qui l’emmène à l’Hôpital Robert d’Ancenis. Le  jour de la Toussaint 1914 à une heure et demi du matin, il y rend le dernier soupir.

C’était il y a cent ans… In memoriam.

 

Pierre Marie n’avait qu’une sœur. Est ce en sa mémoire, en celle de son père, ou pour eux d’eux que les cinq fils baptisés de Marie ont chacun hérité parmi leurs prénoms de ceux de Pierre et de Marie ?

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