« L'ennui c'est qu'elle avait toujours les pieds dans l'eau ». Même si cela ne durait pas, elle ne devait le faire qu'à la saison… « Avec toute la petite famille probablement » me dit ma grand-mère. Elle était jeune alors sa mère, 8 ou 9 ans et c'est certainement avec ses frères et sœurs qu'elle réalisait cette activité qui lui rapportait "quelques sous".

La généalogie amène quelques-unes de ces surprises, certains de ces dépaysements à ceux qui la pratiquent. Le dépaysement n'est que pour eux, souvent il est lié au voyage dans le temps et à la stimulation exacerbée de leur imagination. Parce que pour nos ancêtres cela correspondait souvent à la rudesse et la monotonie de la vie de tous les jours et à la recherche ni toujours exaltante ni souvent exotique de leur pain quotidien.

Alors j'imagine mon arrière grand-mère courbée, les pieds dans l'eau, entourée d'autres jeunes parmi lesquels quelques uns de ses frères et sœurs, dans ce pays qu'elle devra quitter plus tard pour fuir un dictateur, en train de repiquer ou de ramasser du riz.

Parce que dans la région de Vérone, le riz qui sert de base au risotto (à l’amarone, à l’isolana, à la chicorée rouge ou aux asperges) se cultive dans les rizières, inondées, locales. Moi qui aime tant le déguster c’est en relançant ma grand-mère sur cette anecdote que j’ai réalisé que le riz se repiquait, se moissonnait, comme le blé et était décortiqué dans des moulins à riz. Et donc ma bisaïeule avait travaillé dans une de ces rizières dans ses tendres années. Mais à ses enfants elle ne cuisinait pas de risotto veronese, mais plutôt un risotto accompagné de sauce tomate.

 

Auteur: Strada del Riso

Une petite phrase lancée un jour par ma mamie, une relance, quelques recherches sommaires et un nouvel horizon qui s'ouvre : la riziculture dans le Véronais. Voici un billet qui se doit d'être complété...